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myre.jpgUne église à découvrir.

Cette église est classée Monument Historique depuis déjà 1921 !. Elle offre véritablement à ses visiteurs une belle surprise par le contraste saisissant entre la simplicité de son architecture extérieure et la richesse de son décor intérieur comme on a pu le constater.



Tout d’abord, disons quelques mots sur ce St Nicolas. Il fut évêque de la ville de Myre en Anatolie aux 3e et 4e siècle. Très vite, la légende supplante l’histoire. Au Moyen-Age, St Nicolas est vénéré, après le déplacement de sa dépouille à Barri en Italie où des miracles se produisent. Des reliques tout aussi miraculeuses transportées en Lorraine relancent cette vénération dans l’est.

Parmi beaucoup de légendes, deux en particulier lui confère sa notoriété : celle des enfants ressuscités qui avaient été mis au saloir par un ogre boucher et celle des trois filles pauvres que le père put marier grâce aux dots déposées sur le rebord de leur fenêtre (voir dans un cartouche de la corniche à droite du chœur trois têtes d’enfants dépassant d’un baquet ; à gauche la mitre et la crosse encadrant un plateau sur lequel reposent trois bourses).


LA CHAPELLE :

Elle a été édifiée dans les années 1680. Sa construction a conclu la descente au bord de l’Ubaye des habitants de la commune qui au Moyen-Age étaient perchés sur le rocher du Chastel . Elle a été pour eux une démonstration de leur dynamisme puisque cette église est considérée comme la plus belle église baroque des Alpes duranciennes, prenant leurs modèles dans le Piémont où se trouvaient leurs attaches culturelles.

Ses proportions et son décor sont en parfait accord avec le style dit de la Contre-Réforme ; c’est-à-dire le Baroque. Le Baroque est né à Rome dans le deuxième quart du 17e siècle. Ce style se diffusa vers le nord de l’Italie puis a passé les Alpes et s’est élargi vers les pays de l’Est. Un autre courant est parti vers l’Espagne et l’Amérique latine.

 
Peu utilisé en France qui lui préféra le style classique, il a été largement employé dans le département de la Savoie, royaume de Piémont-Sardaigne dont la vallée de l’Ubaye faisait alors partie.

Ce style disparut à la fin du 18e siècle supplanté par le style néo-classique qui envahit l’Europe. Les édifices construits durant cette période sont vastes et clairs.
Le décor, harmonieux, soigné et riche, utilise les ordres antiques. Il doit séduire les hommes tout en leur rappelant les dogmes de l’Eglise catholique comme le Purgatoire ou la Trinité.

En cette époque, la controverse avec les partisans de la réforme protestante, bien implantés à Jausiers, est rude. L’église paroissiale quitte le rocher du Chastel pour prendre place au cœur du village, près des fidèles à éduquer ou à ramener au sein de l’Eglise.

Revenons au style baroque de cette église. Ici, il est dit classicisant, moins théâtral et chargé qu’en Italie du Nord, en Autriche ou en Espagne. L’ensemble est très beau, homogène et de qualité. La nef est large, haute et couverte par un berceau percé de pénétrations qui apportent de la lumière, consolident et allègent la voûte. Dans cette église, huit chapelles au total peu profondes (St Antoine, St Jean Baptiste, Sainte Anne, St Jacques St Laurent, chapelle du Rosaire, des Armes du Purgatoire, de l’Annonciation, St Blaise-St Eloi) se font face. Elles sont toutes ornées de retables all’antica qui sont de véritables architectures faisant penser à d’énormes portes.

L’abside est formée de cinq pans de mur. Elle est couronnée de voutains rayonnants joliment décorés de motifs légers couleurs pastel alors que, contrastant avec tout le reste, la voûte de la nef a toujours été blanche. Le maître-autel, d’une rare hauteur déploie ses étagements de colonnes et d’entablements qui sont conformes aux ordres antiques.

La technique du plâtre moulé, la gypserie a été utilisée de main de maître par des artisans spécialisés dont 2 venaient d’Italie d’après des documents retrouvés sur l’histoire de cette église.

Beaucoup d’émotion se dégage de cet édifice grâce à la lumière et à l’ampleur de l’espace créé, grâce aux courbes et aux mouvements du décor sculpté et des toiles de bonne facture, toutes classées, des neuf rétables.

Le retable, justement, est la pièce maîtresse du décor baroque et ici il se dresse comme son nom l’indique derrière l’autel. Son centre, occupé par le tabernacle qui protège l’hostie, semble signifier aux hommes que le paradis qui s’ouvre au-delà de cette porte, passe par la communion.
Les colonnes, notamment les torses, sont caractéristiques de cet art baroque avec les nombreux anges sculptés ou bien peints.

N’oublions pas d’évoquer la façade de cette église. Etant orientée nord-sud, la façade sur pignon, haute d’une vingtaine de mètre, regarde le chef-lieu. Sa simplicité n’est qu’apparente. Le portail en pierre est monumental et se détache sur le badigeon ocre et l’on remarque que les marches d’accès sont taillées dans le beau marbre rose de Serenne.

La grande porte en panneaux de bois diamantés et sculptés de rinceaux, est émoussée par plus de 3 siècles d’existence. Elle est encadrée par deux cadrans solaires, qui remonteraient à la construction de l’église.

Ils ont été restaurés à l’identique par un artiste cadranier de Jausiers. Au-dessus prend place une fenêtre triple, appelée serlienne. L’oculus éclaire le comble au-dessus de la voûte et un décor peint rappelant une frise lombarde souligne le débord du toit en bois, au caractère montagnard.

Comme dans beaucoup de lieux de ce type, une association pour la rénovation s’est créée depuis 1992. Ici, il s’agit d’un programme pluriannuel de restauration de l’église. Cela aura pour but d’embellir la cité de Jausiers.

Le monument a déjà subi des rénovations. Après la façade toute belle, les premiers chantiers intérieurs ont permis de redonner au chœur ses couleurs originales qui éclairent un retable extraordinaire dominé par l’archange St Michel et St Nicolas de Myre, encadré des saints Pierre et Paul.

Ensuite, ce fut au tour de la voûte, des piliers, des chapelles St Jean Baptiste et du Rosaire. Les financements ont permis également la restauration de toiles, lustres ( de toute beauté au passage),de la sacristie, du tambour, mais ont aidé aussi à l’achat d’un orgue électronique, et l’amélioration de la sonorisation.

Dans la chapelle des Ames du Purgatoire, un autre retable attire beaucoup les regards. C’est un des plus spectaculaires avec son décor macabre de colonnes noires, de squelettes et d’ossements. Elle a fait partie d’un programme de restauration en 2010.

Le prochain portera sur l’étanchéité des toitures des chapelles latérales et la restauration de la chapelle dédiée à l’ Annonciation. Il est vrai que ce qui frappe aussi à la visite de cette église, est sa dégradation apparente en certains endroits avec la présence de beaucoup de salpêtre.

Voilà pour cette visite. Si vous passez en Ubaye, ne manquez pas de faire une petite halte pour contempler cette église. Il s’en dégage un beau charme extérieur et une richesse intérieure.




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